Division Relations extérieures
26 January 1955 (Luxembourg [Luxembourg]) - 1960 (Luxembourg [Luxembourg])Identity Area
Description Area
La Division des Relations extérieures de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (C.E.C.A.) fut mise en place en février 1955. En vertu du traité instituant la C.E.C.A., la Haute Autorité disposait d'une compétence internationale lui permettant de conclure des accords de coopération avec des pays tiers et d'autres organisations internationales. Cette compétence s'est particulièrement exercée dans le cadre des relations avec le Royaume-Uni et les États-Unis, qui suscitèrent une attention soutenue de la Haute Autorité.
Relations avec les États-Unis
Les relations avec les États-Unis furent déterminantes pour la Haute Autorité. Dès le printemps 1953, Jean Monnet entreprit une véritable campagne de relations publiques lors de son voyage aux États-Unis, visant à convaincre Washington de soutenir la C.E.C.A. Ses efforts portèrent rapidement leurs fruits : le gouvernement américain accepta d'établir une représentation officielle auprès de la Haute Autorité à Luxembourg. Avec l'arrivée de la nouvelle administration américaine en 1953, les liens se renforcèrent davantage. David Bruce, ancien ambassadeur des États-Unis à Paris, fut officiellement reconnu comme le premier ambassadeur américain accrédité auprès de la Communauté le 3 mars 1953. L'importance stratégique des États-Unis sur la C.E.C.A. se traduisit également par la mise en place d'une présence officielle à Washington en 1954, avec l'ouverture du premier bureau d'information externe de la Communauté. Le premier chef de délégation fut Leonard Tennyson, ancien fonctionnaire du Plan Marshall et citoyen américain.
Relations avec le Royaume-Uni
Les rapports entre la Haute Autorité de la C.E.C.A. et le Royaume-Uni furent marqués par plusieurs étapes clés : dès les négociations du traité de Paris, Londres tenta de contrer le projet en présentant au Conseil de l'Europe un contre-projet prévoyant une association souple des producteurs de charbon et d'acier. Toutefois, dès l'entrée en fonction de la Haute Autorité, le Royaume-Uni accrédita une délégation permanente à Luxembourg sous la direction de Cecil Weir, avec pour mission de jeter les bases d'une association avec la Communauté. Londres ne souhaitait pas se limiter à un simple rôle d'observateur mais entendait influencer les décisions de la Haute Autorité. En réponse, Jean Monnet proposa la création d'un "Joint Committee" qui entra en fonction en novembre 1952. Ce comité avait pour but de favoriser l'échange d'informations et la consultation mutuelle. En 1956, la Communauté établit sa première mission diplomatique à Londres, marquant une étape importante dans l'affirmation de sa présence sur la scène internationale.
Relations avec d'autres pays et organisations
Outre les États-Unis et le Royaume-Uni, la C.E.C.A. développa des relations avec d'autres régions du monde. En Amérique latine, un bureau de liaison fut ouvert à Santiago du Chili en 1960, suivi d'un bureau d'information à Montevideo en 1965. Par ailleurs, la C.E.C.A. entretenait des relations étroites avec la Suède, l'Autriche, le Japon et la Suisse, entre autres et avec des autres organisations internationales comme l’OECE. Bien que centrée sur l'intégration européenne, la C.E.C.A. dut adopter une politique extérieure active pour régler divers problèmes techniques, souvent inscrits dans des enjeux diplomatiques plus vastes. Son caractère supranational lui conférait un certain degré d'autonomie, mais elle devait aussi obtenir l'adhésion du Conseil spécial des ministres, où les intérêts nationaux s'affrontaient fréquemment.
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Division Relations extérieures
26 January 1955 (Luxembourg [Luxembourg]) - 1960 (Luxembourg [Luxembourg])Identity Area
Description Area
La Division des Relations extérieures de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (C.E.C.A.) fut mise en place en février 1955. En vertu du traité instituant la C.E.C.A., la Haute Autorité disposait d'une compétence internationale lui permettant de conclure des accords de coopération avec des pays tiers et d'autres organisations internationales. Cette compétence s'est particulièrement exercée dans le cadre des relations avec le Royaume-Uni et les États-Unis, qui suscitèrent une attention soutenue de la Haute Autorité.
Relations avec les États-Unis
Les relations avec les États-Unis furent déterminantes pour la Haute Autorité. Dès le printemps 1953, Jean Monnet entreprit une véritable campagne de relations publiques lors de son voyage aux États-Unis, visant à convaincre Washington de soutenir la C.E.C.A. Ses efforts portèrent rapidement leurs fruits : le gouvernement américain accepta d'établir une représentation officielle auprès de la Haute Autorité à Luxembourg. Avec l'arrivée de la nouvelle administration américaine en 1953, les liens se renforcèrent davantage. David Bruce, ancien ambassadeur des États-Unis à Paris, fut officiellement reconnu comme le premier ambassadeur américain accrédité auprès de la Communauté le 3 mars 1953. L'importance stratégique des États-Unis sur la C.E.C.A. se traduisit également par la mise en place d'une présence officielle à Washington en 1954, avec l'ouverture du premier bureau d'information externe de la Communauté. Le premier chef de délégation fut Leonard Tennyson, ancien fonctionnaire du Plan Marshall et citoyen américain.
Relations avec le Royaume-Uni
Les rapports entre la Haute Autorité de la C.E.C.A. et le Royaume-Uni furent marqués par plusieurs étapes clés : dès les négociations du traité de Paris, Londres tenta de contrer le projet en présentant au Conseil de l'Europe un contre-projet prévoyant une association souple des producteurs de charbon et d'acier. Toutefois, dès l'entrée en fonction de la Haute Autorité, le Royaume-Uni accrédita une délégation permanente à Luxembourg sous la direction de Cecil Weir, avec pour mission de jeter les bases d'une association avec la Communauté. Londres ne souhaitait pas se limiter à un simple rôle d'observateur mais entendait influencer les décisions de la Haute Autorité. En réponse, Jean Monnet proposa la création d'un "Joint Committee" qui entra en fonction en novembre 1952. Ce comité avait pour but de favoriser l'échange d'informations et la consultation mutuelle. En 1956, la Communauté établit sa première mission diplomatique à Londres, marquant une étape importante dans l'affirmation de sa présence sur la scène internationale.
Relations avec d'autres pays et organisations
Outre les États-Unis et le Royaume-Uni, la C.E.C.A. développa des relations avec d'autres régions du monde. En Amérique latine, un bureau de liaison fut ouvert à Santiago du Chili en 1960, suivi d'un bureau d'information à Montevideo en 1965. Par ailleurs, la C.E.C.A. entretenait des relations étroites avec la Suède, l'Autriche, le Japon et la Suisse, entre autres et avec des autres organisations internationales comme l’OECE. Bien que centrée sur l'intégration européenne, la C.E.C.A. dut adopter une politique extérieure active pour régler divers problèmes techniques, souvent inscrits dans des enjeux diplomatiques plus vastes. Son caractère supranational lui conférait un certain degré d'autonomie, mais elle devait aussi obtenir l'adhésion du Conseil spécial des ministres, où les intérêts nationaux s'affrontaient fréquemment.