Cartan, Henri

08 July 1904 (Nancy) - 13 January 2014 (Paris)
Historical Notes

Henri Cartan, fils du grand mathématicien Elie Cartan, naît en 1904 à Nancy mais sa famille se transfère bientôt à Paris et c'est à l’Ecole normale supérieure qu'il obtient son doctorat de Mathématiques . Il enseigne ensuite comme assistant puis professeur dans les universités de Lille (1929) et de Strasbourg (1931-1940), participant à l’établissement de relations avec les mathématiciens allemands comme le démontre son étude sur le théorème Cartan-Thullen (1931). En 1935, il épouse Nicole, fille du physicien Pierre Weiss et compte parmi les promoteurs du groupe Bourbaki qui vise à refonder ‘la’ mathématique. Nommé ensuite professeur à la Sorbonne, il se voit confier la formation à l’École normale supérieure (1940-1969). Cette époque est marquée par l’exécution de son frère, le physicien et résistant Louis Cartan, emprisonné puis exécuté par les Nazis en 1943. A la Libération, Henri Cartan est détaché temporairement à l’université de Strasbourg (1945-1947) et choisit de renouer avec ses collègues allemands. En 1956, il oeuvre à la création de l’Association européenne des enseignants (AEDE) dont le projet a été formulé lors d’une session du Centre international de formation européenne, lui-même fondé dans le giron du Mouvement fédéraliste européen (MFE) par Alexandre Marc afin de sensibiliser le monde enseignant. Henri Cartan est nommé président de la section française (1956-1974). Au lendemain des émeutes de mai 1968, il anime également le Comité de liaison pour une action fédéraliste (CLAF) qui vise l’instauration d’une « société nouvelle, authentiquement socialiste et démocratique ». A partir de 1970, Henri Cartan enseigne à l’université d’Orsay où il achèvera sa carrière (1975). L’AEDE est alors en crise et Henri Cartan quitte sa présidence en juin 1974 pour laisser place à la relève. A cette époque s’affirme son engagement en faveur des droits de l’Homme. Mettant à profit le congrès des mathématiciens de Vancouver (1974), il amorce sa lutte pour la libération de ses collègues dissidents dans le monde en instituant notamment le Comité des mathématiciens. Les soviétiques Leonid Pliouchtch et Andrei Sakharov seront parmi les bénéficiaire de son soutien. Durant la même période, Henri Cartan est élu président du MFE, désormais branche française de la nouvelle Union des fédéralistes européens (UEF) (1973-1985). Henri Cartan donne la priorité à la lutte pour l’élection du Parlement européen au suffrage universel direct et prend même la tête de la liste ‘Pour les Etats-Unis d’Europe’ en 1984. Après son départ de la présidence du MFE (1985), il figure parmi les fondateurs du Rassemblement pour une Europe fédérale (1990), organe électoral du MFE. Il participe ensuite au Groupe permanent pour une Europe démocratique (GPED) issu, fin 1995, de la fédération du REF avec le MFE et l’Action fédérale Socialisme et Liberté (AFSL) ; fin 1996, le MFE et le REF s’unissent en ‘Union pour l’Europe fédérale UEF-France’, branche de l’UEF internationale. Sur le plan scientifique, Henri Cartan laisse un héritage considérable : « Homological Algebra » (1956), écrit avec Samuel Eilenberg suite à son voyage aux Etats-Unis (1947-1948) et « Elementary Theory of Analytic Functions of One or Several Complex Variables » (1963) sont parmi les plus fameux volumes. Son œuvre a été récompensée par de nombreux prix et honneurs en France et à l’étranger : membre de l’Académie des sciences (1974), médaille d’or du CNRS (1976), prix de la fondation Wolf (1980), grade de commandant de la Légion d’honneur et ‘Pagels Award’ de la New York Academy of Sciences (1989). Henri Cartan est décédé à Paris en août 2008, à l’âge de 104 ans. (Notice rédigée par Catherine Previti Allaire)

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